FRANCE

ENVIE D'ERRANCE

Bonjour à vous,
Aujourd'hui nous sommes le 23/04/2018 20:47:22.

LE CHOIX DES AMENAGEMENTS.

Le cahier des charges est assez simple et les choix faits sont le fruit de notre expérience nautique, des conseils glanés ici ou là. Ce cocon doit apporter un confort certain sans toutefois faire appel à une technologie coûteuse, fragile et plus ou moins difficile à entretenir, à réparer. La technologie, le progrès bien sûr mais juste ce qu'il faut pour ne pas en dépendre.

Isolation

C' est un des postes qui occasionne beaucoup de recherches afin de ne pas tomber dans le piège de la facilité et de l'incohérence comme cela se voit trop souvent. Quelques possibilités :

  1. Les polystyrènes extrudés
  2. laine de roche
  3. de verre
  4. l'isolant aluminium multicouches
  5. matériaux naturels

Ce sont des techniques que nous avons étudiées et qui n'ont pas retenues notre attention à l'exception de la dernière. Pourquoi? Elles ont des inconvénients rédhibitoires pour nous. Ce sont des produits toxiques, oui toxiques par les émanations de gaz pour le premier ou les particules fines que génèrent les deux suivants surtout au moment de la pose. Ils n'ont rien à envier à l'amiante. Le quatrième propose de belles qualités théoriques valables dans le cas d'une mise en œuvre rigoureuse et très difficile à obtenir dans un camion. De plus ces feuilles d'aluminium enferment la tôle dans un milieu forcément humide qui ne respire pas. Hors l' aération est certainement à aborder avec autant de sérieux, voire plus, que l'isolation. Son rôle est d' éliminer l' humidité ambiante. Celle ci ne doit pas ruisselet sur les parois et surtout ne doit pas être piégée. Je pense que le multicouche ne répond pas à ces critères.

Isoler au froid est assez simple car tout appareil est capable de chauffer un aussi petit volume sans consommation excessive. Il est beaucoup plus compliquer de limiter la surchauffe, nous verrons plus loin comment cela est possible. Je dis bien limiter car l'éviter est impossible à moins d'utiliser des systèmes très gros consommateurs en électricité. Ce n'est pas envisageable.

Nous souhaitons des produits naturels pour deux raisons principales. La première est bien entendu l'absence de nocivité, même si par ailleurs nous utilisons des peintures qui ne respectent pas cela. La seconde tient dans le pouvoir respirant permettant de réguler l'hygrométrie et l'évacuer. Nous en sommes venu à choisir la dernière solution. Des matériaux formant trois couches, aux qualités complémentaires:

  1. Le liège projeté constitue l' épiderme de cette « peau de locomotive ». Son épaisseur de 2mm permet une coupure thermique et sonore et stoppe complètement les risques de condensation et les ponts thermiques.
  2. La laine de bois-chanvre avec une épaisseur de 4cm permet de mettre en place une isolation efficace autant d'un point de vue thermique que phonique. Produit peu agréable à travailler et difficile à découper. Il participe aussi à la régulation de l'hygrométrie.
  3. Des planches de peuplier de 1,4 cm d'épaisseur en habillage intérieur régulent aussi l'hygrométrie et jouent leur rôle d'isolant.

Ainsi nous alternons un isolant épais, léger, efficace avec un isolant dense, décoratif et une fine épaisseur de liège pour supprimer la condensation sur les paroies métaliques. Cela permet un déphasage efficace. L'inconvénient réside dans l'inertie thermique qui empêchera la température de redescendre vite durant les soirées chaudes. L'astuce, pour limiter cela, est une ventilation forcée que nous allons traiter dans la rubrique suivante. La condensation est donc neutralisée et l'hygrométrie régulée, à condition d'avoir une aération efficace.

Aération

L'explicatif sur l'aération est assez court, il n'en est pas moins extrêmement important et même primordial. La cellule doit posséder une aération basse et une haute. Il suffit de se référer au cahier des charges de la DRIRE et s'y conformer :

  • 6 VENTILATION - AÉRATION

    • 6.1 -Dans chaque pièce doivent être prévus des aérateurs (1) d'une section libre minimale totale non obturable (2) de 20cm² dans la partie haute et d'une section minimale totale non obturable (2) de 10cm² dans la partie basse.

    • 6.2 -Tout local, destiné à recevoir un ou plusieurs appareils utilisant les combustibles gazeux à circuit non étanche (3), doit comporter une ou plusieurs ouvertures permettant une arrivée d'air frais d'une section libre totale d'au moins 100cm2 en sus de la section d'aération prévue en 6.1.
      Les ouvertures qui peuvent être réparties en plusieurs points du local, doivent être disposées en partie basse, la partie inférieure de l'ouverture étant située à 10cm au plus du plancher.

    • -6.3 Une ouverture d'évacuation (1 )d'une section libre minimale de 150cm2(4} doit être prévue au-dessus du coin cuisine.

    • 6.4 Les orifices extérieurs des conduits servant à l'évacuation des produits de combustion doivent se trouver à 0,50m au moins d'une ouverture d'amenée d'air frais.

Bien sûr ces aérations ne doivent pas être occultées durant l'hiver. Cela va sans dire mais parfois il vaut mieux le préciser. Dans notre cas nous trouvons une aération basse de 300cm² située à l'avant, au sol. Elle est surdimensionnée par rapport à la norme et réglable afin de permettre son occultation en cas de poussière importante en roulant sur les pistes. C'est aussi une entrée d'air concéquente en cas de surchauffe due au soleil. Nous allons y revenir. On trouve aussi une aération basse de 100cm² dans le coffre des toilettes sèches. Sur le toit, à l'arrière, nous avons un capot ouvrant (lanterneau) de grande surface qui assure la ventilation haute, été comme hiver. Tous les aménagements sont cloisonnés mais des bouches d'aération de 120cm² permettent à l'air de circuler partout. A noter que ces aérations sont grillagées pour éviter à des hôtes indésirables de s'installer et d'être difficiles à déloger.

l'astuce pour forcer l'aération consiste à déployer une capote au dessus du lanterneau. On obtient un point haut surchauffé par le soleil qui va aspirer l'air de la cellule et l'expulser. Un air un peu plus frais va entrer par l'aération de 300cm². De plus la dite cellule sera en partie protégée de la surchauffe grâce à un double toit constitué par la galerie couverte de deux panneaux solaires et d'un plancher en tôle d'aluminium. Vous suivez ou je recommence les explications ?

Système de chauffage

Cela nous amène à parler « chauffage ». Notre cahier des charges dit que le système doit être efficace (bien sûr) produire une chaleur agréable, sèche (voir problèmes d'humidité) et consommer pas ou peu d'électricité. Grâce au bilan électrique journalier que nous verrons plus tard vous comprendrez mieux les choix parfois étranges que nous faisons.

Plusieurs possibilités donc. Le poêle à bois !!! Bien sûr que c'est possible et quelques uns l'ont adoptés. Peu onéreux, combustible facile à trouver (en tout cas dans nos régions) mais dangereux c'est indéniable. Tous les ans des jeunes dans leur fourgon en font les frais et cela se termine parfois de façon dramatique.
Autre système assez rare mais très intéressant, la plaque de cuisson "vitro-céramique" au gas-oil. Outre la cuisson des aliments, elle permet de pulser de l'air chaud grâce à un couvercle équipé de ventilateurs.
Plus conventionnel, plus sécurisé est le chauffage, gas-oil ou gaz, à air pulsé, sur lequel peut venir se greffer un boiler pour chauffer l'eau voire faire circuler un liquide dans de petits radiateurs. Dans un souci de simplification et d'économie énergétique nous l'avons banni. Pourtant c'est le plus fiable, le moins onéreux donc le plus employé.
Les bateaux nordiques sont souvent équipés d'un petit poêle au gas-oil de conception simple robuste et sûre. Il fonctionne de manière autonome, ne consomme pas ou très peu d'électricité (au moment de l'allumage seulement). De plus la chaleur qu'il dégage est saine, sèche et agréable. Une petite fenêtre permet de voir la flamme apaisante et sécurisante aussi. Il prend une certaine place, ce qui n'est pas un problème pour nous. Notre choix va donc vers ce produit .

l'eau

Dans les éléments de confort primordiaux nous avons mené une réflexion précise sur l'eau, le gaz et l'électricité. Il nous faut une bonne autonomie en eau afin de tenir une quinzaine de jours. Pas trop non plus car l'eau qui stagne longtemps dans les réservoirs peut devenir impropre à la consommation. Là encore, un juste milieu s'impose. Nous aurions à nous promener en Europe le problème ne serait pas le même et nous pourrions prévoir moins de stockage. Notre errance peut nous amener loin de tout robinet digne de ce nom c'est pourquoi nous équipons « le gros » de 3 fois 100 litres d'eau. Trois réservoirs indépendants, pour mieux gérer notre consommation, condamner un réservoir si cela s'avère utile. Cette réserve alimente, grâce à une pompe à pied (comme sur certains bateaux), un robinet situé sur le plan de travail. Une dérivation permet à l'eau de passer par un filtre en céramique qui alimente un robinet spécialement dédié à l'eau de consommation. La douche prend la forme d'un pulvérisateur de jardin. On y introduit de l'eau chaude, tiède ou froide et ces 7 litres d'eau sont amplement suffisants pour deux personnes. Nous évitons de la sorte un système complexe, fragile, onéreux, consommateur d'électricité et de gaz.
Il existe plusieurs solutions pour purifier l'eau. Elles s'orientent vers l'emploi de produits, de filtre ou la combinaison des deux. Nous optons pour un appareil de la marque « lifestraw-family » qui offre une filtration de 0.02 microns capable de stopper toute bactérie, microbe ou virus. Il est moins onéreux que d'autres systèmes équivalents, plus léger et aussi efficace. Ça devrait le faire….

Le gaz

Pour le gaz c' est plus compliqué. Il semble que le réapprovisionnement ne soit pas évident partout. Souvent il faut transvaser ce combustible avec des moyens plus ou moins archaïques. C'est faisable mais compliqué. D'où l'idée de se passer de gaz. Puisque celui ci ne sert qu'à alimenter la plaque de cuisson, pourquoi ne pas en mettre une qui fonctionne au gas-oil? Nous l'avons vu plus haut, il s'agit d'une plaque vitro-céramique. Nous avons opté pour cette solution jusqu'au moment de faire le bilan énergétique et constater que cette dite plaque possède quelques inconvénients majeurs. Elle est longue à chauffer (20mn pour amener à ébullition une litre d'eau), elle chauffe l'habitacle (en saison chaude ce n'est pas souhaitable), sa sécurité et son fonctionnement sont assurés par un système électronique, enfin son allumage est gros consommateur d'électricité. Tout cela nous a fait lâcher cette option avec un peu de regret car la place gagnée par l'absence de bouteilles de gaz et le tout gas-oil nous plaisaient beaucoup . Que faire alors ? Nous nous sommes retournés vers ces encombrantes bouteilles en orientant notre choix vers un système de GPL domestique. Ainsi plus de manipulations de bouteilles car remplissage par un robinet extérieur. Possibilité de compléter le niveau n'importe où dans des stations ou des usines à des prix moindres. Problème réglé mais abandon du tout gas-oil à regret.

L'électricité est un vaste sujet que nous abordons sur une autre page. A bientôt donc.......

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