FRANCE

ENVIE D'ERRANCE

Bonjour à vous,
Aujourd'hui nous sommes le 23/04/2018 20:44:17.

PRESENTATION

Elle est belle cette ferme que Bernadette et moi rénovons depuis fin 2008. Notre activité de maraîchage fonctionne bien. Six ans déjà que nous œuvrons dans cet agréable petit coin du Bas Armagnac pour sauver cette maison et cette terre et en faire un lieu sain et propre. Une maison écologique faite de paille et de chaux et neuf hectares cultivés en traction animale et d'une manière naturelle, biologique.

image de nous deux
Enfin nous commençons à tirer le fruit de notre travail. Tout irait bien si……

En 2012, à nouveau un drôle de virus se réactive dans ma tête. Plusieurs fois déjà son apparition a mis un terme à une vie qui s'installait dans une certaine routine.  "Bougeottibus" se manifeste par une envie de voyager, de partir, d'aller vers les autres ici ou là bas. Oui à nouveau car à plusieurs reprises il nous amena à tout plaquer. La dernière fois, voici 15 années, nous sommes partis sur un voilier de onze mètres avec nos trois enfants. Expérience de deux ans avec des points positifs et quelques grosses erreurs, le tout forgeant notre expérience encore un peu plus. Là nous sommes deux et savons ce que nous voulons, en tout cas dans les grandes lignes. Le reste, les détails, c'est l'aventure. L'envie est le terme adéquat. Pourquoi essayer de se justifier. Pourquoi creuser dans notre passé, nos joies ou nos épreuves pour trouver le fait déclencheur. Nous avons juste une envie et la capacité de l'assouvir

Si la navigation maritime était pour moi une découverte, il n'en est pas de même pour la conduite d'un camion aussi vieux et archaïque soit-il. De ce côté là, pas d'inquiétude. Au début comme à chaque fois nous rêvons de notre avenir sur les routes et les pistes du monde. Le problème est que, chez nous, le rêve précède de peu la réalité. Je me plonge dans les forums pour prendre la température et m'aperçois très vite que les fous dans notre style sont pléthore. Puis je fouine sur les sites de vente à la recherche de «LA BÊTE».

Bernadette jette son dévolu sur notre futur gros. C'est un «mercedes 911», camion poids lourd, quatre roues motrices. Contact est pris avec l'ami du propriétaire, ce dernier étant anglais. Il nous intéresse juste pour sa gueule avec ses formes arrondies et sa cellule trapue. En septembre de la même année nous profitons de son passage dans le Gers pour le visiter. L'intérieur correspond à ce que nous cherchons, l'agencement est aéré et clair. OK, nous allons réfléchir. (c'est tout vu….)

Avril 2013, au volant de ma voiture, je guide vers la maison cet impressionnant vétéran plein de fraîcheur qui, en entrant dans notre foyer, lance le projet.

Démarches et premiers constats

S'en suivent quelques mois de démarches administratives, d'un contrôle technique qui mettra à jour un gros problème de freinage vite réglé par un échange de tout le système arrière. A nouveau un contrôle puis le sésame, la carte grise classant le camion en véhicule collection camping car. L'année qui suivra nous verra faire quatre courtes sorties de deux jours en plein hiver. Ces quelques instants, ces courtes parenthèses dans notre vie trépidante du moment, vont amorcer notre réflexion et orienter nos choix. Je m'y attends, le démontage de la cellule va me réserver quelques surprises. Je vais donc adopter la même philosophie que pour la rénovation de la maison.

NE PAS ME FIXER DE DATE DE FIN DE CHANTIER, ASSUMER TOUS LES TRAVAUX ET APPRENDRE SUR LE TAS.

Année 2016, nous affichons 58 printemps à nos compteurs respectifs. Plus d'un demi-siècle d'épanouissement tout azimut, souvent hors des sentiers battus. Il est temps de changer à nouveau de cap et de nous servir de toutes les expériences accumulées. Notre ferme maraîchère est en vente, nous nous apprêtons à partir errer sur les routes, à travers le monde, pour une durée indéterminée. Interrompre nos activités avant l'âge légal et vivre différemment, s'éloigner du système, sortir de la marmite tant qu'on le peut, est une liberté de choix et c'est là, certainement, notre plus grande richesse.

Le syndrome de la grenouille

Une grenouille nage dans une marmite remplie d’eau. Un feu est allumé sous la marmite de façon à faire monter progressivement la température. La grenouille nage sans s'apercevoir de rien. La température continue de grimper, l’eau est maintenant tiède. La grenouille s'agite moins mais ne s’affole pas pour autant. La température de l'eau continue de grimper. L’eau est cette fois vraiment chaude, la grenouille commence a trouver cela désagréable, elle s’affaiblit mais supporte la chaleur. La température continue de monter, jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir. Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50 degrés, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l’aurait éjectée aussitôt de la marmite. Cette expérience montre que, lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart de temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte. Cette métaphore est souvent utilisée pour dénoncer la passivité de l'homme et inciter à l'éveil des consciences, parce que nous en sommes encore là!!

Printemps 2018, on change de monture

Déjà une année de passée depuis le Maroc. Une année sédentaire occupée à bien d’autres choses qu’à flâner de-ci, de-là. Cette balade riche de découvertes, d’expériences, nous permettant ainsi de réfléchir à notre avenir sur les routes et de prendre des décisions importantes afin de réajuster nos projets. Beaucoup de questions que nous nous sommes posées ont abouti à des choix résumés en ces lignes.

Les virées en Espagne nous avaient fait nous questionner sur l’utilité d’un si gros véhicule. Pourtant, nous ne pouvions lui trouver de défauts rédhibitoires. Certes gros le Helmut mais souple, capable de passer partout à son rythme, dans un confort de vie excellent. Alors pourquoi vouloir autre chose ? À cette question nous n’avions pas de réponse crédible. Le Maroc nous en apporta.

Ce n’est pas le camion qui est en cause mais nous et nos envies pas encore définies. Nos avons alors fait par déduction, peut-être le meilleur moyen d’y voir plus clair. Les séances de tout terrain, de pistes dures ce n’est pas pour nous. Nous sommes à notre aise sur de bonnes pistes, sur de petites routes. Nous allons facilement vers les campings. Les petits campings du Maroc sont un régal.

Ailleurs ce n’est pas la même chose mais en fouinant, il est possible de trouver des coins forts sympathiques. Donc ce sont ces endroits ainsi que des coins perdus accessibles qui nous intéressent.

Un véhicule quatre roues motrices n’est donc pas indispensable. Si nous resterons longtemps tentés par lui c’est pour le plaisir. Mais ce plaisir a un coût très important pour une utilisation réduite. Nous changerons définitivement d’avis quand nous déciderons d’investir à nouveau dans une maison au fin fond des Pyrénées. Mieux valait mettre un peu moins dans un camion et assurer un logis agréable, paisible et sans travaux. Nous aurions pu rester dans ce mignon et sympathique petit village au cœur de l’Armagnac mais un coin de Bigorre m’attire personnellement. Un petit pays où j’ai passé les dix premières années de ma vie. Adieu 4X4, nous revoilà comme monsieur tout le monde à chercher un camping-car. Pas tout à fait.

Le gros mercedes symbolise la rusticité, l’endurance, la certitude de trouver des pièces encore longtemps. Pas d’électronique, pas de complication et donc une facilité de réparation par moi même si possible. Après avoir désossé Helmut, je connais maintenant les entrailles de la bête. Le concept me plaît donc et je vais chercher un petit Helmut. La marque à l’étoile a développé un fourgon dans cet esprit jusqu’à l’aube du deuxième millénaire. Le T1 est une base qui a fait ses preuves, d’une rusticité à toute épreuve il est équipé d’un moteur d'une conception identique à celle de notre pépère. Il a juste un voire deux cylindres en moins selon la puissance allant de 70 à 100 chevaux. Et l’aménagement alors ?

Doit-on repartir dans des travaux qui vont encore repousser notre errance ? Dans cette période bénite où l’on faisait encore pour durer, l’aménageur « Westfalia », s’est penché avec bonheur sur ces fourgons ainsi que sur les légendaires VW. Le résultat est esthétique, fonctionnel, indémodable et robuste. Un petit tour sur les sites de vente, un peu de patience et quelques rares fourgons très prisés attirent notre attention. Un surtout.

C’est un mercedes 310D westfalia « James Cook ». 310 veut dire qu’il a un poids total en charge de 3,5 tonnes et que sa puissance est de 100cv. Comme beaucoup de ces vétérans, il a un sérieux problème de rouille (ça me rappelle quelque chose). Il nous rejoint fin mars 2018. S’ensuivent quelques travaux détaillés sur une autre page. Nous voilà équipés pour de nouvelles balades, de nouveaux projets. C’est parti…

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